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La Maison Limbourg : une maison historique reprend vie à Bourges

Le 15 juin 2026, rue Porte-Jaune à Bourges, la Maison Limbourg a ouvert une nouvelle page de son histoire.

Dans cet hôtel particulier chargé d’histoire, plusieurs représentants du territoire étaient réunis autour d’un moment symbolique : Jean-Christophe Rufin, de l’Académie française, a accepté de devenir le parrain de la Maison Limbourg.

Une soirée fondatrice rue Porte-Jaune

Le choix du 15 juin n’était pas anodin : cette date marque les 610 ans de la mort de Jean, duc de Berry, qui fit venir à Bourges les frères Limbourg, célèbres enlumineurs des Très Riches Heures du duc de Berry.

Cette soirée fondatrice a permis de réunir celles et ceux qui accompagnent les premières étapes du projet. Elle marque le début d’une nouvelle aventure pour cette maison historique du centre-ville de Bourges, appelée à devenir un lieu de mémoire, de transmission et d’art de vivre.

Pour garder trace de ce moment, nous partageons ici les discours prononcés par Bruno Lageline et Guillaume Lecluse lors de cette soirée.

Discours de Bruno Lageline

Fondateur de Panette Collection

Bonsoir à tous

C’est un grand moment pour nous aujourd’hui.
Vous êtes sur un chantier, ça se voit. Vous êtes témoins d’un projet qui débute. Nous allons fêter un commencement.

Permettez-moi maintenant de dire un mot sur la date.

Nous sommes le 15 juin. Il y a très exactement 610 ANS, JOUR POUR JOUR, mourait à Bourges Jean, duc de Berry — celui qui, ici même, fit travailler les frères Limbourg. C'est cette continuité-là, par-delà les siècles, qui a scellé pour moi le choix de cette date.

Cette maison, je ne la fais pas seul. Je la fais avec ceux qui sont ici ce soir, et avec ceux qui ne sont plus là mais qui m'accompagnent dans ce que j'entreprends.

Je voudrais à présent vous raconter comment cette maison est venue jusqu'à nous.

L’été dernier, j’apprends que cette maison est à vendre et je propose à Boris Védel, le directeur du Printemps de Bourges de la visiter, car il cherchait des bureaux plus grands. Boris n’a pas trouvé ses bureaux, et moi j’ai trouvé ce que je ne cherchais pas, un nouveau lieu de transmission. Je suis revenu de cette visite, bouleversé.

Dans l’invitation à cette soirée, j’ai écrit : « À CET ENDROIT VÉCURENT PAUL DE LIMBOURG ET SES FRÈRES. »
C’est ce que m'avaient dit les propriétaires précédents, la famille Blatter.

Mais il fallait en être sûr. J’ai donc interrogé l’historien Philippe Goldman. Merci beaucoup Philippe, vous avez recherché pendant plusieurs jours, et vous avez retracé l’histoire du lieu.

Ce qu’on savait déjà, c’est que vers 1410, le duc de Berry fait venir trois frères flamands — Paul, Hermann et Jean Limbourg — pour enluminer ce qui deviendra le manuscrit le plus célèbre de notre civilisation, Les Très Riches Heures. Ils ont moins de trente ans. Ils peignent ici, à Bourges, dans le périmètre du palais ducal et de sa Sainte-Chapelle. Ils ne sont pas seuls : ils ont un quatrième frère, Roger, qui n'a pas peint, qui est devenu chanoine de la Sainte-Chapelle. Il a vécu à quelques mètres de là où nous sommes ce soir, certainement dans les bâtiments à l’origine de l’hôtel de Panette.

Et, donc voici ce qu’a trouvé Philippe.
C’est bien ici que vivait Paul de Limbourg, le plus talentueux des enlumineurs, qui s’est vu offrir une maison par le duc de Berry.
Il ne reste sûrement que la cave de cette époque. Vous pourrez la visiter en faisant très attention aux marches.

Voici un résumé sur les recherches de Philippe. Juste en face du chevet de l'église paroissiale Notre-Dame-du-Fourchaud, qui est attestée dès 1216, de l'autre côté de la rue Porte-Jaune, une maison appartenant à son ancien sénéchal Thibault Portier fut acquise en 1401 par le duc Jean de Berry. En 1412, le duc offrit ce « superbe hôtel particulier estimé 3500 livres à son enlumineur Pol de Limbourg, l'un des trois frères qui œuvraient alors pour lui, notamment aux Très Riches Heures du Duc de Berry, à l'occasion de son mariage. Mariage avec Gilette la Mercière (car fille de Gilles Mercier) à l’âge de 12 ans.
Après la mort de Paul de Limbourg, en 1416 (la même année que ses 2 frères enlumineurs et que le duc de Berry), Gilette La Mercière se remarie avec André le Roy, qui arrive à garder la maison.
Charles VII estima que le bâtiment, qui avait été donné par son oncle Jean de Berry, devait lui revenir. Dans un acte de 1434, il décrivait la maison comme « l'une des plus grandes et plus spacieuses et plus notables de notre ville de Bourges, et qui peut bien valoir de deux à trois mille écus d'or. Les biens de Pol de Limbourg, étranger, mort sans enfants, « considérés comme vacants, revenaient donc à la couronne. Charles VII donna la demeure à son cousin le duc de Bourbon, mais André le Roy parvint à la récupérer.
L’incendie de 1467 brûle la maison, mais elle est reconstruite et 7 ans plus tard le fils d’André Le Roy l’offre à Martin Dubreuil, qui fonde avec son frère Jean la chapelle Dubreuil, dans la cathédrale, redécouverte en 1993.
On retrouve ensuite une vente en 1668 à « Claude de Biet, chevalier, seigneur et baron de Maubranches et Moulins, conseiller du roi », puis il reste dans cette famille Biet, lieutenant général au bailliage de Berry.
La maison passe ensuite dans les mains de la famille Pascaud, magistrat, qui transforme cette façade, tandis que la façade côté grosse armée date de la famille Biet, à la Renaissance.

Moi qui ai fait de la transmission mon combat, vous imaginez la force que représente cette histoire et ces murs pour moi.

Mais, une maison comme celle-ci ne se porte pas seul. Participent à ce projet mon ami et associé Stéphane Prault, directeur d’Immorevente, ainsi que notre famille, mon fils Pierre-Emile qui accompagne tous nos projets, et bien sûr notre directeur et ami Guillaume Lecluse, qui dirige aujourd’hui ce que nous appelons Panette Collection, et à qui je vais passer la parole.

Discours de Guillaume Lecluse

Directeur général de Panette Collection

Bonjour à tous,

Effectivement, mon rôle, c’est d’organiser et de transformer le patrimoine en projet économique.
Je connaissais Bruno avant l’achat de l’hôtel de Panette, car nos épouses étaient très liées, et Laurence était la marraine de notre fils Anatole.

Aujourd’hui nous travaillons sur plusieurs sites : l’hôtel de Panette, ses chambres historiques et divers hébergements, qui incarnent le patrimoine de la ville de Bourges, un lieu incroyable destiné exclusivement au sommeil, au confort et à la tranquillité des amoureux du patrimoine. Dirigé aujourd’hui par Pierre-Émile Lageline, le fils de Bruno

Le domaine de Charnay, en association avec Daniel Mercier, une magnifique propriété entourée de 100 hectares de forêt en Sologne, à Méry-sur-Cher. On y découvre une nature merveilleuse et beaucoup de chocolat. On peut privatiser pour des fêtes, mais c’est un lieu de sérénité toute l’année pour y dormir.

Le château du Sollier, à toute proximité du lycée agricole. Nous y avons des hébergements répartis sur trois bâtiments, et un restaurant. Nous l’avons défini comme étant le château dans lequel George Sand n’est jamais venue. Mais, bien évidemment, nous y retrouvons des chambres au nom de ses amis, et les cuisines, un restaurant du terroir où elle aurait pu manger. Ce restaurant est ouvert à tous le soir et on peut aussi y organiser des déjeuners privés, des séminaires, etc. Marie Vié prendra bientôt la direction du Château.

Et maintenant, la Maison Limbourg.
Le nom nous est venu tout naturellement.
À la maison Limbourg, il y aura tout d’abord les belles heures.
Les belles heures, ce sera trois salles de restaurant : la salle à manger, la cuisine, et la bibliothèque. On ne va pas tout vous dévoiler maintenant, mais on fera ce qu’on peut appeler une cuisine de caractère.

On organisera des évènements, cocktails, banquets, séminaires, puis on travaillera sur la gastronomie.

Il faut aussi que je vous parle des immortelles. Les Immortelles seront un concours mensuel de recettes proposées par le public, mises en duel sur les tables du restaurant, et départagées par le vote des hôtes.
C’est faire de la cuisine un acte de transmission. Honorer les recettes de famille, les mémoires régionales, les savoir-faire qui se passent à voix basse et leur donner une scène publique.
Comment cela marchera ? En quatre temps
1. Chaque mois, la Maison lancera un appel public à recettes. Une famille, un voisin, un visiteur de passage pourra envoyer une recette qu'il veut transmettre avec son histoire, son origine, sa mémoire. Pas de recette trouvée sur internet : une recette qui a vécu.
2.⁠ ⁠Un comité retiendra quelques propositions. Notre cuisinier les testera, les affinera sans les trahir, et n'en gardera que deux.
3.⁠ ⁠Pendant un mois, les deux versions seront servies en parallèle sur les tables. Les hôtes goûteront, compareront et voteront.
4.⁠ ⁠À la fin du mois, la recette élue entrera dans le livre des Immortelles : un livre relié, exposé dans la salle, qui consignera année après année toutes les recettes honorées dans cette maison.
Et il y aura les soirées trimestrielles, quatre fois par an, aux équinoxes et aux solstices, la Maison réunira tous les proposants du trimestre — gagnants et challengers confondus — pour une soirée qui leur sera dédiée. Ils mangeront ensemble, se rencontreront, et découvriront qu'ils appartiennent à une communauté qui se reconnaît dans un même geste : celui d'avoir transmis quelque chose.
Ce que cela dit. Que la cuisine n'est pas l'affaire des seuls cuisiniers, mais d'abord celle des familles et des territoires. Que la transmission n'est pas nostalgique : c'est un travail vivant, qui change à chaque main tout en restant fidèle. Que cette maison vit au rythme du temps long — celui des saisons, des heures canoniales, des recettes qu'on se passe entre générations.

Discours final de Bruno Lageline pour inviter Jean-Christophe Rufin, parrain de la Maison Limbourg à signer l’Acte fondateur.

Cher Jean-Christophe,

Tu es là parce que tu es mon ami. Nous nous connaissons bien et tu sais combien ce projet me tient à cœur et au corps. Quand je t'ai demandé d'être le parrain de cette maison, tu n'as pas hésité : tu m'as dit oui presque immédiatement, avant même que je t'aie tout expliqué. Cette confiance-là, je ne l'oublierai jamais.

Tu es écrivain, médecin, voyageur, académicien. Tu as parcouru les frontières du Brésil et les chemins de Compostelle, tu as porté l'humanitaire dans les pays oubliés, tu as raconté Jacques Cœur et tu as été ambassadeur de France au Sénégal, et surtout pour moi ambassadeur de Bourges puisque tu as écrit le grand cœur dès l’ouverture de l’hôtel de Panette
Dans tout ce que tu as fait, il y a une constante : tu sais regarder un lieu et y entendre ce que les autres n'entendent plus.

En signant ce soir l'Acte Fondateur de la Maison Limbourg, tu ne me rends pas seulement un service d'ami. Tu certifies, par ta présence et par ta signature, que ce qui se prépare ici n'est pas une opération de surface, mais un travail sérieux de transmission. Et c’est, pour nous tous, autant une joie immense qu’une responsabilité que nous prenons très au sérieux.

Bien sûr, tu es invité permanent, immortel en tant qu’académicien.
Nous te remettons les clés de cette maison. Tu es ici chez toi.
Nous t’offrons cet exemplaire des Très Riches Heures du duc de Berry.
L’original est au musée Condé, à Chantilly, dont tu es copropriétaire, puisque le duc d’Aumale a offert à l’Institut de France ses propriétés.

Merci d'être là, Jean-Christophe. Merci de prêter à cette maison ton nom, ton temps et ton amitié.

Address

L’hôtel de Panette

1 rue Henri Ducrot
18000 Bourges
Itinerary

Dwellings

L’hôtel de Panette

Near the cathedral-J.coeur

Proche de la Cathédrale de Bourges - Palais Jaques Cœur.

La demeure Renaissance

Near the cathedral

Maison d’Aristide

Downtown